09.11.2009

Les âmes grises de Philippe Claudel.

Le livre de poche : 30515

(Editions Stock 2003)

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Peut-être l'avez vous remarqué ? ... Mais j'ai peu envie de sortir en ce moment ...
Les bonnes âmes vont s'empresser de commenter en catimini,

-" eh ! eh ! ... elle ne veut pas le reconnaître mais elle vieillit " -

(comme tout le monde, ni plus ni moins) -
Mais expliquez moi alors, pourquoi lorsqu'adolescente ma mère me donnait quelque argent pour sortir, moi qui ne suis pas particulièrement économe, je mettais cet argent de côté pour être en mesure quelque jour d'aller faire une razzia chez mon libraire préféré ?
Le moment venu, j'entrais dans le magasin, toutes narines au vent, humant cette bonne odeur de papier neuf, mémorisant en hâte les noms d'auteurs et les titres d'ouvrages qui allaient m'ouvrir les portes des multiples pays où j'allais m'aventurer, ivre de liberté. J'ai toujours traversé ces périodes où rien ne m'attire plus que le plaisir de caresser la couverture glacée d'un livre dans lequel je vais plonger pour y oublier tout ce qui m'entoure.
En période de vacuité ou de simple nostalgie, la plupart de mes semblables décident d'aller chez le coiffeur, de s'acheter quelque babiole, de renouveler partiellement (ou de fond en comble), leur garde-robe ... Et bien moi, j'achète des livres ! Je ne sais plus où les mettre, mais ça ne fait rien car je ne connais pas de plaisir plus intense que celui qui consiste à me retrouver entourée de volumes et de me dire que je n'ai qu'à tendre la main pour m'emparer du butin. Une librairie est à mes yeux la caverne d'Ali-Baba. J'ai l'impression durant quelques instants que le monde m'appartient. Ces heures que je vais passer le nez fourré dans un ouvrage vont me mettre à l'abri de tout et de tous. C'est mon île, mon havre absolument inviolable, ma fabrique de rêves indispensables ...

Ce titre " Les Ames grises " me disait quelque chose ... mais de Philippe Claudel j'étais certaine de n'avoir jamais rien lu, n'étant pas spécialement contaminée par ce suivisme qui consiste à se procurer les ouvrages couronnés par un prix (celui-ci a remporté le Renaudot 2003). Jugez de mon empressement !
Non, en réalité - je m'en suis souvenue après coup, j'avais vu le film à la télé un soir mais n'en conservais qu'un souvenir abstrait comme c'est souvent le cas.

Alors (extrait) " Je me suis mis(e) dans le fauteuil, celui que j'ai toujours , et qui parfois me fait penser à une
grande main douce dans laquelle je me blottis. "

Les images du livre sont fortes, préc
ises ... l'action se situe durant la première guerre mondiale dans un petit village situé un peu en retrait de la ligne de front.
Même en temps de guerre, c'est un scandale quand une enfant meurt, pire quand elle est sournoisement assassinée. L'enquête va donc se dérouler mais quelque peu faussée à la base car les notables des lieux sont bien entendu intouchables.

(extrait) " Au delà des faits et des humeurs, plus haut que les lois que les hommes peuvent pondre, il y a cette connivence et ce renvoi de politesse : " Tu ne m'embête pas, je ne t'embête pas " (fin de citation)

Deux pauvres bougres de déserteurs tomberont dans le piège. Les détails abondent et ces derniers font toute la différence entre les possibilités fournies par un livre et celle d'un film car même si nous ne connaissons plus de barrières certaines scènes restent difficilement représentables.
Le caractère des personnages est parfaitement brossé et l'histoire qui nous est narrée démontre clairement que le meilleur d'entre nous peut parfois, blessé, piégé par une situation précise, être capable des pires actes dont il emportera le secret dans la tombe.

N'attendez surtout pas que je vous en dise plus car ce serait de ma part purement et simplement criminel et là, j'exagère à peine ...
Alléchée par cette première lecture, je vais dans les jours à venir essayer de dénicher " Le bruit des trousseaux " recueil de souvenirs relatant l'époque durant laquelle l'auteur enseignait dans la grisaille des prisons.

S.@

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05.11.2009

Paul Auster : Brooklyn Follies

ACTES-SUD (Babel)

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Soucieuse de ne pas m'abandonner à une sorte de xénophobie culturelle, il m'arrive de me risquer (et même de m'égarer) dans la littérature étrangère ... C'est parfois contre mon gré avec des oeuvres théâtrales quand j'ai finalement cédé à de trop pressantes sollicitations ... mais cela peut être un choix délibéré quand je décide de me pencher sur un livre de Philip Roth par exemple ou plus dernièrement quand je réalisai n'avoir jamais lu une ligne écrite par Paul Auster ...
Lourde lacune à combler histoire de ne pas mourir idiote, tout de même !
Or, passer sans transition de Sylvie Germain à ce dernier pouvait ressembler à une gageure et cela en était une, en effet.
La richesse de style de la première toujours en mémoire, je commençai par trouver l'écriture de Paul Auster plate et tenant plus de la conversation que de la littérature et puis (je l'avoue) au fil des pages, je me suis peu à peu sentie piégée. Ce, à un point tel que je n'ai pu me dégager du livre avant la dernière page. Je l'ai donc par conséquent lu d'une traite, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps !

Soixante ans, " Au delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable " aurait ajouté Romain Gary. En fait, les trois quart du chemin sont déjà parcourus, il doit rester dans le meilleur des cas une vingtaine d'années à vivre et force est de reconnaître que cela passe très vite, puisqu'on vient d'en totaliser trois ... presque sans s'en rendre compte. Comme ajouterait Pierre Dac : l'avenir ... on l'a dans l'dos ! Pour renfort de potage, Nathan vient de vivre une double épreuve, un cancer du poumon (soi-disant guéri) et le largage de son épouse car pour le dire tel que je le pense, certaines femmes sont de vraies salopes ! (abandonne t-on un homme en de pareilles circonstances ?)
Que ce dernier décide alors de choisir une ville pour y finir sa vie, pareil raisonnement est logique. Ce sera Brooklyn puisqu'il en vient, il va donc y retourner, cinquante six ans plus tard. Cela ne dénote pas une imagination très grande allez vous dire : prévoir de mourir là où on est né ... mais il ne faut tout de même pas demander l'impossible à un ex-vendeur d'assurances vie !
Je raille, d'autant qu'il est évident que l'auteur quoiqu'il dise s'est glissé dans la peau du personnage. Bien entendu, son Nathan va se révéler d'une générosité incroyable , (Ah ! la célèbre solidarité juive ...) il va donc retrouver son neveu et peinera presque à le reconnaître dans cet emploi de chauffeur de taxi et ses vingt kilos en trop. Tom avait laissé tomber son doctorat, pensant que finalement cela n'en valait pas la peine et avait nettement tendance à tout laisser filer à vau-l'eau ...  Les retrouvailles auront valeur de déclic et nous allons les suivre tout au long de ces péripéties que la vie réserve au moment où on s'y attend le moins. Enfin, ... parfois !
La seule chose que l'on puisse reprocher à Paul Auster est d'utiliser sciemment certains clichés (l'homosexualité masculine - la bien nommée en opposition à celle d'en face qui ne sera pas oubliée ... ) pour faire bonne mesure et paraître résolument " dans le vent. " Or comme chacun sait, à quelques intégristes près, les êtres humains ont les idées larges à condition de ne pas être concernés directement. En parlant d'intégriste, cette catégorie d'individu ne sera pas elle aussi oubliée par le biais d'un évangéliste lubrique qui profitera de son pouvoir pour permettre à l'auteur de pimenter le livre d'une scène très hot et un tantinet répugnante pour faire bonne mesure.

Et voilà comment on fabrique les best-sellers !

Conclusion : Mouais ! mais quand même, j'me suis fait eue ...

03.11.2009

Le Livre des Nuits de Sylvie Germain

Editions Gallimard, 1985 - Folio.

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Je l'ai déjà dit, je n'aime pas particulièrement relire un livre ... comme si je me savais incapable de ressentir deux fois de suite la même chose. Le plaisir de la découverte est émoussé et ce, même si on a oublié de quoi étaient faites les premières émotions.

Sylvie Germain écrit fort bien.Je trouve toujours incroyable d'être obligée de préciser cela mais passez moi l'expression, on se farcit de tels navets à l'époque actuelle ! Ses récits sont riches en péripéties et elle aime flirter avec le fantastique.


Trois guerres vont traverser cette saga, celle de 70, puis 14 et 40 pour simplifier car  ces événements figurent parmi l'expression d'une seule et même histoire. Tout se tient, de même que les naissances succèdent aux décès et que la grande chaîne familiale poursuit sa route inépuisablement.

Pour recouvrir tout cela, le silence de Dieu, un silence étourdissant, implacable. La grande absence de celui qui est censé avoir permis tout cela. Tous les êtres sont de passage, capables du meilleur comme du pire. Les amours se succèdent presque sans transition, les unes après les autres, parce qu'il est impossible de vivre sans aimer.

Aucun tabou : viol,  inceste et homosexualité traverseront l'oeuvre mais à la façon dont le simoun passe en déplaçant  le sable du désert sans modifier - ou si peu - le paysage. Une impression de grande philosophie ressort de l'oeuvre aux images souvent incroyables.


Sylvie Germain raconte, invente bien évidemment et jamais ne juge car elle a compris que ce n'était pas son rôle laissant cette possibilité au grand absent, ce sourd-muet et aveugle que certains recherchent désespérément.
Ce genre de lecture se savoure, les images s'imposent s'incrustent profondément en nous.

Vais-je décider de relire également " Jours de colère " qui attend au coin de mon bureau ? La première lecture remonte à avril 97 " 2 jours après la mort d'Orphée " ai-je précisé en fin de livre. Orphée était un magnifique chat roux qui est mort de chagrin quelques mois après Fausta, sa compagne noire si élégante, l'un et l'autre formant mon premier couple de chats parisiens. Livres et chats ont toujours été complémentaires ...

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23.10.2009

Sylvie Germain : Chanson des mal-aimants

Editions Gallimard, 2002 (folio n° 4004)

photo, Tadeusz Kluba. (*)

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D'où vient la passion de lire ? ...

C'est parfois (et même très souvent) un refuge, quand le monde environnant ne plaît pas.

Alors on plonge entre les pages qui fournissent des images différentes.

C'est en tout cas, une façon d'échapper au quotidien !


J'ai découvert les écrits de Sylvie Germain, il y a de cela un peu plus d'une dizaine d'années.

(Le temps passe si vite ...)

Ayant coutume de ne jamais me contenter d'un seul titre lorsque je me penche sur les écrits d'un auteur, j'ai successivement lu " Jours de colère " puis " Le livre des nuits " mais m'étant procuré les deux en même temps, peut-être ai-je fait l'inverse ? Je n'avais pas encore contracté l'habitude de commenter mes lectures ... J'y reviendrai par conséquent. Il me reste de ces deux ouvrages un souvenir abstrait d'éblouissement; j'avais été captée par l'atmosphère un peu fantastique de l'oeuvre, par la beauté du verbe ce qui est devenu si rare à notre époque ! Et puis, " Chanson des mal-aimants " m'était tombé entre les mains mais je l'avais écarté sans savoir exactement pourquoi sinon que ce n'était peut-être pas le bon moment ? D'autres lectures avaient sans doute capté mon esprit. J'y suis revenue l'autre soir et là, le bienheureux piège s'est refermé sur moi.


On ne dira jamais assez l'importance d'un bon départ dans l'existence. J'en parle ici en connaissance de cause. Le handicap rencontré durant les premiers jours poursuivra son oeuvre comme une malédiction.

Avez-vous déjà croisé un être qui présente les caractéristiques d'un albinos ? ... Moi, cela m'est arrivé à une ou deux reprises et chaque fois, immanquablement, un sentiment de malaise m'est tombé dessus. Le spectacle d'une flagrante différence est très déroutant et l'on imagine aussitôt la solitude que doit déclencher semblable situation. On ne sait que dire, que faire et neuf fois sur dix, le choix qui s'effectue est celui d'ignorer ... Il ne manquerait plus que l'on soulignât !


Ici, le personnage central du livre est une petite fille abandonnée dans un cageot de framboises à la porte d'un couvent car la religion a beaucoup d'importance dans l'oeuvre de Sylvie Germain dont l'impact flirte souvent avec la métaphysique.
Laudes-Marie (puisque tel est son nom) collectionnera les avatars tout au long de sa vie et se construira même grâce ou à cause d'eux.
Ses familles d'adoption seront toutes éphémères puisque tel est son destin.
Aucun misérabilisme ne vient cependant entacher l'écriture flamboyante de cet(te) auteur(e).

Le lecteur s'attache aux pas du personnage, admire son courage finalement intact en dépit de toutes les épreuves. Un seul mot pour résumer tant la démarche de l'auteur(e) que le caractère de son personnage : chapeau !

S. @

N.B. Petite anomalie ?... sur la couverture, la fille est brune. (*)

14.10.2009

3ème jour (païen) -

 

Hermes.jpgMercredi jour d'Hermès ou Mercure, fils de Zeus et de Maïa, Nymphe des pluies. C'est également le dieu du vent et ses sandales sont ailées. Mercure, dieu du commerce et prince des voleurs.

Ne déroba t-il pas les boeufs d'Apollon alors que son âge était encore celui d'un enfant au berceau ? Pour se faire pardonner il offrira à Phoebus sa lyre faite d'une carapace de tortue et ce dernier conquis, lui donnera en échange un fouet étincelant et une houlette d'or afin de conduire les boeufs qui dans l'imagination poétique des grecs devinrent ces nuages qui par troupeau, galopent dans le ciel. Ce dieu rusé, voleur et menteur devint celui du commerce. Comment s'en étonner ? Ce n'est donc pas celui que je préfère. N'importe la lecture de la mythologie grecque est ludique au possible, jamais moralisatrice ce qui en fait le livre de chevet idéal. Les Anciens savaient conjuguer rêve et réalité, aptitude que nous avons perdue semble t-il ?


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On ne peut bien entendu passer son temps à lire et relire des textes anciens j'ai donc sacrifié tout récemment à la modernité par le biais d'un thriller de Harlan Coben " Dans les bois " - Plusieurs titres de cet auteur envahissaient les rayons de la Fnac et la curiosité m'a incitée à faire main basse sur ce livre mais force est de reconnaître que ce mode d'expression ne me séduit pas particulièrement.
Peut-être m'accuserez vous de parti-pris si je vous dis que l'écriture est typiquement américaine c'est à dire rapide, efficace dénuée de réelle psychologie et à ce titre pour moi, sans grand intérêt. Les deux pieds dans la réalité si sordide soit-elle, des faits, du suspens, un zeste de romantisme à l'eau de rose ... Nul risque de surlignage par conséquent, ce qui me concernant est très, très mauvais signe ! 
Un procureur enquête sur une histoire liée à son passé personnel, difficile d'en dire plus et on aime ce genre de roman ou pas.

Pour ma part je me demande encore pour quelles raisons j'ai acheté ce livre que j'ai lu péniblement mais jusqu'au bout.

" Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les zau-autres " ...

2990 commentaires à ce jour. Qui va me décrocher le 3000ème ? ...

19.09.2009

Monsieur Malaussène de Daniel Pennac

Le soleil s'est voilé, par conséquent, je reviens ...
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Voici donc le cinquième Pennac lu dernièrement. Quand je parlais de cure, c'était vraiment un euphémisme !  Une cure relaxante, amusante, pleine d'intérêt.

Un livre qui commence très fort avec un enfant crucifié sur une porte ...

Rassurez vous toutes les ligues de protection de l'enfance ne tomberont pas sur l'auteur à bras raccourci ou alors c'est qu'elles n'ont pas lu l'ouvrage ce qui serait préjudiciable au bien fondé de leur démarche.

Car ce livre bouillonne d'idées tout à la fois fantaisistes mais non dépourvues d'une certaine philosophie.
Vous voulez un exemple ? ...

" un serrurier videur sur le trottoir des sans abri. "

même le gouvernement Sarkozy n'y avait pas pensé ! (pourtant les Besson et Hortefeux sont doués en ce domaine).

Quant à sa définition des  vieux, (je trouve celle-ci savoureuse,

" des camarades de génération qui ne croyaient plus guère en la suite. "

Et tout est du même tonneau, bien entendu.


Incroyable la tribu Malaussène et tout le petit monde qui gravite autour, forces de la loi comprise. Nous retrouvons Julius, le chien épileptique découvert lors d'un précédent roman. Il sera un peu moins omniprésent cette fois car il faut de la place pour les nombreux personnages à découvrir. Oh ! tenez, je vous en livre encore une petite,

" en matière d'existence l'optimisme l'emporte presque toujours sur la sagesse du néant. "

C'est beau comme du Cioran ! Vous ne trouvez pas ?


Vous raconter l'histoire ? ... Fichtre non ! à vous de la lire.

Sachez seulement que l'art du tatouage y est longuement évoqué, que ce temple du théâtre et des revendications nommé le Zèbre doit logiquement abriter le film du siècle mais peut également se transformer en vaisseau fantôme ... Que la mère de Jésus  ne fut peut-être pas la seule et unique vierge à se retrouver en cloque (comme dirait Renaud.) même à l'abri d'une cornette. Qu'il faut se méfier des femmes en tailleur rose (ça, on le savait déjà) Bref, que mes crises de fous-rires furent nombreuses autant que mes surlignages ...

Non ! je ne prêterai pas mon livre, vous n'avez qu'à aller en acheter un ou bien l'emprunter dans une bibliothèque si le stylo ne vous démange pas trop. Moi, si ! Toujours. Ce qui me permet de retrouver facilement les bons moments et une fois de plus, ils sont nombreux.

S. @

 

Ah ! j'oubliais ... un petit conseil pour Benjamin dont le chien pue comme un bouc. Qu'il le frictionne donc avec un gant imbibé de vinaigre d'alcool. (C'est ce que je fais avec ma siamoise après chaque crise) Ensuite, son clébard sera peut-être alcoolique mais il deviendra sniffable !

07.09.2009

Quelques extraits ? ...

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" Qui aime les chiens se méfie de la chiennerie "

" Les démons de l'intérieur ... Brasilia était encore en construction que six psychanalystes y avaient déjà ouvert leur cabinet. "


(au sujet d'un incident aérien)


" ... c'était le silence de la prière qui tourne sur elle-même. Des propositions de l'âme à toutes les divinités disponibles. Et il ne devait pas en manquer ...  Dans ce genre de circonstances, on ne méprise pas les superstitions. On s'accroche à son siège et on pense à ce qu'on peut. La couche est mince, dans un avion qui tombe, entre un esprit qui s'affirme libre et un qui se croit habité. "

" Que nous y croyions ou non, nous nous faisons de l'au-delà l'image d'un ici-bas revu et corrigé. "

" Jean-Paul II, l' Atilla des télés ... la multiplication du pape sur les écrans de télévision ( qui n'entraîna pas celle des petits pains) "


" le cinématographe est une fabrique de fantômes ... le théâtre est la métaphore de la politique. Côté scène, on joue à être roi sans jamais oublier d'être soi; côté salle, on feint de s'oublier sans jamais cesser d'être là ... "

" Un jeu de dupes ? ... De dupes lucides ... tout le passionnant de la politique tient à ça ... On ne les trompe que s'ils le veulent ! "

" La communion dans l'erreur est un des inconvénients de l'amitié. "

etc ... etc ... etc ...  On parle activement de la mise en ligne des livres mais nous n'en sommes pas encore là. Ces quelques extraits sont juste destinés à vous mettre l'eau à la bouche.

Rappel : Folio " le dictateur et le hamac " de Daniel Pennac

- Coût :  7€ 60

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Le dictateur et le hamac de Daniel Pennac.

Gallimard, Folio : 4173

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J'ai refermé le livre ce matin à 4 heures.
Quand je ne sors pas le soir, m'étant habituée à ce rythme de vie, il n'est pas rare que je me réveille en cours de nuit et effectue une parenthèse d'une paire d'heures pour écrire et lire ...

Ce fut le cas.

Du reste, je demeure persuadée que tout livre à moins que ce soit un pavé doit pouvoir se lire en la durée maximale d'une semaine. Les lectures patchwork ne sont pas recommandables car elles ne permettent pas de s'immerger dans l'écrit.
Ici, plus question de sieur Malaussène (nous y reviendrons une autre fois) mais carrément d'une histoire-fiction qui se déroule sous d'autres cieux et met en scène un dictateur et ses doubles, évident prétexte à réflexions sur la vie et le pouvoir, sur la gloire et le confort de l'anonymat en un " ici-bas, revu et corrigé."
Histoire rocambolesque qui nous séduit, paradoxale approche de ce que d'aucuns nomment de façon plus ou moins emphatique " le Destin." alors que nous suivons les péripéties vécues par ces marionnettes humaines. L'humour colle au tragique, accroche des masques successifs et les plaque sur le visage de ce barbier rasé de près. L'utopie se renforce quand Rudolph Valentino est confondu avec Charlie Chaplin. L'autocrate désabusé impose sa loi en attendant que le sort lui règle son compte. La conclusion échouera entre les mains d'une vieille dame, c'est habile, un peu fou et très intéressant.

S.@

prochain Daniel Pennac : " Monsieur Malaussène " (plus de 600 pages, cette fois) -


J'ai prévenu ... c'est une petite cure que j'effectue en compagnie de cet auteur.

02.09.2009

Daniel Pennac : Aux fruits de la passion.

Gallimard, Folio n° 3434

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Cure pennacienne.
Parfum choisi,

- fruits de la passion !


Il a un talent, ce Daniel Pennac !!!


Je dévore - tout en dégustant - ce qui revient à dire que je lis, reviens en arrière pour surligner ce qui m'a plu, ne parviens pas à m'arracher au livre dont je poursuis la lecture jusqu'à minuit et demie et là, j'ai fait durer le plaisir en refermant le bouquin avec à l'esprit tout plein de points d'interrogations avant de m'endormir un sourire ravi aux lèvres, pour me réveiller dès potron-minet (non ! pas poltron-minet quoique j'eusse aimé) afin de connaître la suite. Peut-être en ai-je même rêvé cette nuit ? Mais je ne me souviens plus, les rêves basculant au réveil.
Aucune importance puisque c'est gravé dans mon subconscient.
Je ne suis pas absolument convaincue d'avoir respecté la chronologie exacte pour suivre cette saga des Malaussène.

N'importe, on s'y retrouve, on LES retrouve surtout et comme on s'est attaché à eux dans l'intervalle, c'est un peu sa propre famille que l'on récupère à un détail près : celle là, fut choisie.
Thérèse en jouant les Cassandre a rencontré un aristo et comme elle est persuadée que chacun doit suivre son destin, c'est forcément lui qu'elle va suivre.
Et puis, passer de Thérèse ("deux qui la tiennent " ... enfin, quoi ? - censuré !)
Thérèse disais-je et répétais-je ... Malaussène ce qui fait un peu mal aux seins ... à Thérèse de Roberval ça vous a une autre gueule, non ?
Notez que, en y regardant de plus près la différence reste subtile puisque les esprits facétieux penseront immédiatement à un dévoilement de roberts dans la campagne ...
Ben non, ce sera à Zurich ! Pas très jouasse comme endroit susceptible d'abriter une lune de miel. Mais chut ! Il va y avoir un meurtre et donc enquête alors ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler l'issue (fatale, mais pas tant que ça ! ) D'autant que si vous voulez la connaître ... vous savez ce qui vous reste à faire.

La prochaine lecture, du même, sera " Le dictateur et le hamac "

et je vous prie de croire que ça ne va pas tarder !

S. @

28.08.2009

Italo Calvino : Marcovaldo

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Au niveau du métro que j'emprunte chaque fois que je décide de me rendre quelque part ... en un autre arrondissement, il y a des marchands de livres à la sauvette. En principe, les prix tournent autour de 2 ou 3 € car ce sont soit des livres d'occas' soit des invendus (?) Il s'édite tellement d'ouvrages qui n'intéressent personne ou presque qu'il faut bien chercher au milieu de tout cet étalage livré à la curiosité des flâneurs.

Italo Calvino est un auteur que j'aime dont l'écriture est tout à la fois fluide et onirique. Bref, " un qui avait du talent et pas qu'un peu " !
Je me suis régalée il y a quelques années avec son Vicomte pourfendu et son Chevalier inexistant. Il me manque encore Le Baron perché pour avoir toute la trilogie constituant : Nos Ancètres.

Ici, le héros est un simple manoeuvre qui ne s'entend pas trop avec son épouse et qui, pour compenser sans doute, se réfugie dans le rêve. Une nuit, il prendra son oreiller avec l'intention d'aller dormir sur un banc, expédition plus compliquée qu'il n'y paraît.

L'ouvrage est constitué d'une vingtaine de nouvelles ce qui revient à dire que quelqu'un qui ne lirait pas trop, pourrait en déguster une chaque soir avant de s'endormir heureux pendant 20 jours. Mais en réalité et bien que le seul lien entre elles soit ce personnage central, elles diffèrent toutes donnant un aperçu de l'imagination sans bornes de leur auteur.

Et les saisons varient le sous-titre étant " ... ou les saisons en ville "
Car de façon complètement incroyable et bien qu'entouré d'asphalte, notre homme parvient à rester proche de la nature, découvrant des champignons à un arrêt de tram, aussi peu digestes il est vrai que Le pigeon municipal mais quelques bulles de savon (assez nombreuses, il est vrai) suffiront à le transporter. 

J'ai failli envoyer à Teddy * la nouvelle intitulée :"  Le jardin des chats obstinés " mais me suis abstenue par crainte qu'il ne devienne fou !

Hélas, Italo Calvino nous a quittés en septembre 1985 et c'est bien dommage pour la littérature européenne. Son oeuvre nous reste heureusement nous permettant de nous évader dans le rêve par le biais de ses fables et autres romans dans lesquels le fantastique règne en maître.

* http://atheologie.hautetfort.com

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