01.11.2009

Le jour où dieu est parti en voyage de Philippe van Leeuw.

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Film franco-belge avec Ruth Nirere, Afazali Dewaele, plus ...

(durée : 1h.34)

Ah ! les beaux esprits qui se sont exprimés sur ce film jugeant le parti-pris du réalisateur hautement réducteur. Or, il m'a semblé que c'est une voix que Philippe van Leeuw a voulu faire entendre et non tourner un documentaire de plus traitant de la barbarie.

A l'origine de cette réalisation se situe un témoignage d'amis à lui, coopérants belges à Kigali qui ont été évacués, laissant derrière eux la nounou Tutsi de leurs enfants. Ensuite, ils n'ont pu qu'imaginer ce qui s'était produit ...


Jacqueline est une belle femme noire aux traits fins ce qui comme la plupart des Tutsis la désignait immanquablement à la vindicte des Hutus.


On peut s'étonner de ce massacre que d'aucuns ont un peu rapidement qualifié de guerre tribale mais il faut garder en mémoire que le colonialisme avait créé des castes susceptibles de servir ses intérêts. Injustices et jalousies ont fait le reste ...


Philippe van Leeuw a donc imaginé en lieu et place de ses amis ce qui aurait pu advenir à Jacqueline, cachée en catastrophe dans le grenier de l'habitation ... Durant tout le temps où elle était enfermée là-haut, je tremblais à la perspective que les vandales mettent le feu à la maison. Quand elle est sortie de sa cachette, tout avait été volé, pillé, cassé et dehors les victimes étaient nombreuses ...

Son premier soin fut de rechercher ses enfants qu'elle avait laissés à son domicile et bien entendu, elle ne découvrit que deux petits corps morts alors elle s'enfonça toujours plus avant dans la forêt sans but réel, poussée uniquement par l'instinct de survie.


Elle finira par rencontrer un homme blessé et le soignera de façon rudimentaire forcément - avec les moyens du bord - mais comme il était jeune et vigoureux, il guérira rapidement. Le couple va ensuite joindre ses efforts afin de poursuivre sa course éperdue.
Seulement voilà, qui peut prévoir ce qui est susceptible de passer par l'esprit d'un être aussi traumatisé que Jacqueline l'était et cette dernière va commettre une erreur ... je vous laisse découvrir la suite.


Non, je ne me suis pas ennuyée une seconde même si parfois je me disais " comment est-ce possible ? " car nous savons tous hélas, que la réalité dépasse souvent la fiction.  On peine juste à réaliser que des faits similaires se sont produits en 1994, tout à la fin du 20ème siècle. J'ai lu quelque part que les machettes étaient de fabrication française et chinoise ... No comment.

S. @

(MK2 Diffusion)

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29.10.2009

MAKING OF de Nouri Bouzid.

Film tunisien - avec Lofti Abdelli, Afef Ben Mahmoud, Fatima Ben Saïdane, Lofti Dziri, Foued Litaiem.

 

-  commentaire suit  ... patience ! ça vient.

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J' aaarive ! ...

30.10.2009


makingof-1.jpgLa critique européenne n'a pas été tendre vis-à-vis du film de Nouri Bouzid ... Inaptitude à se mettre à la place de l'autre ? ... Pourtant nous ne savons que trop quels risques encourent ceux qui osent aborder le thème de l'intégrisme islamique.
J'ai bien au contraire, trouvé sa démarche plus que courageuse, UTILE car en s'exprimant comme il l'a fait (maladroitement ont dit certains ...) il courait le double risque (vérifié) d'être incompris par les uns et conspué par les autres.
Sans pour autant les approuver, je ne suis pas de ceux qui condamnent sans appel les kamikazes car il faut une bonne dose de désespoir pour se livrer à de tels actes. Quand les japonais optèrent pour cet extrémisme la défaite n'était pas loin. Comme toujours, l'explication se situe en amont et les vrais responsables demeurent invisibles.
Bahta est un jeune de 25 ans avec un Q.I. non de 5 ans comme le dit son interprète mais de 15 ... à peine. Tout a concouru a semblable résultat. Un père avec lequel aucune discussion n'est possible et qui règle les problèmes à coups de ceinturon, une mère sans doute trop aimante (peut-on lui en faire reproche ?) et aucune perspective d'avenir. Alors le garçon court les rues, s'adonne au hip-hop histoire de s'étourdir en rêvant de l' Occident comme certains ont rêvé de l'Amérique à une autre époque. C'est bien entendu la cible idéale pour les religieux mais en est-il autrement en Europe ? ... Là, le contexte politique rend la démarche plus dangereuse, bien évidemment. L' Irak est à feu et à sang, le trop plein d'énergie de Bahta rêve d'en découdre et il deviendra la proie puis la victime idéale des religieux politisés. (pléonasme)
On a souvent dit que l'humour était la politesse des désespérés et le réalisateur a glissé dans le film des scènes de dédoublement où chacun récupère son vrai rôle d'interprète et de directeur de jeu. Révolte du comédien qui se pose des questions ce qui justifie le titre. L'acteur est rétif par rapport à l'interprétation qui risque d'être faite concernant son personnage, dubitatif concernant la situation ... car il s'agit d'analyser le dérapage qui mène du fondamentalisme au terrorisme, mieux de l'illustrer. Démarche hautement déstabilisante pour un musulman.
Moralité, ceux qui n'ont pas compris ne veulent pas comprendre il est pourtant évident que l'Europe fait payer aux arabes l'extermination des juifs lors de la dernière guerre mais cela, personne (ou presque) ne veut réaliser la portée d'une telle injustice. Car il n'est nullement question ici de rendre à César ce qui lui appartient, bien au contraire.

S. @

(Les films de l'Atalante)

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26.10.2009

Le ruban blanc de Michael Haneke

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co-production : Italie, France, Allemagne, Autriche.

avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Maria-Victoria Dragus, Michael Kranz, Ulrich Tukur, plus ...


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Si je commence ma chronique par écrire : " excellent film " cela ne surprendra personne or il faut vous préciser que je n'étais pas particulièrement fan d' Haneke. J'avais comme qui dirait sa Pianiste en travers de la gorge !  Le climat m'avait paru hautement malsain et j'avoue m'être posé quelques questions concernant ce réalisateur ... Ici, il s'agit de tout autre chose.
Il m'a été donné de préciser à diverses reprises que mes parents étaient âgés et à fortiori, mes grand-parents appartenaient à une autre époque et même carrément à un autre siècle. (peut-être pas celui auquel vous pensez automatiquement).
Ma grand-mère venait de l'Est et avait par conséquent des conceptions teutonnes de l'éducation des enfants ce qui fit que ses deux filles s'y plièrent très difficilement. Tout cela pour expliquer que je ne fus nullement surprise par le climat du film.
Les gens de cette époque étaient ce que nous qualifierions maintenant de " psycho-rigides " et ce, au delà de toute imagination permise. Les gifles pleuvaient, les punitions de même et Françoise Dolto aurait semblé inconséquente aux yeux de ces gens là. La rigueur morale devait sans nul doute beaucoup aux enseignements de l'église mais cela n'empêchait nullement les quelques déviances dont l'esprit humain est capable. C'est ainsi qu'en cours de film, nous verrons un père procéder (en cachette bien entendu) à des attouchements sur sa propre fille. L'inceste est aussi vieux que le monde puisque nous dit-on, les enfants d'Adam et Eve couchèrent ensemble ... Ah ! que ce raisonnement est pratique puisqu'il peut servir à justifier l'injustifiable et il en est de même pour tout ou presque. On racontait alors aux enfants que l'onanisme, naturel chez les adolescents et parfois chez les adultes (faute de mieux) déclenchait de terribles maladies. On attachait alors les poignets du coupable chaque soir car le mot traumatisme n'avait pas encore droit de cité.
Sans oser utiliser le sépia, Michael Haneke a eu recours au noir et blanc qui comme chacun sait a un pouvoir de conditionnement très fort sur le spectateur. 
Le fait est assez paradoxal mais c'est ainsi, force est de reconnaître que l'on entre plus profondément dans une histoire dont la couleur est bannie. Peut-être à cause des rêves puisque nous savons qu'il n'est pas donné à tous de rêver en couleurs ?
Si j'ajoute que l'histoire de ce village se situe à la veille de ce que l'on nomma La Grande Guerre, celle de 14 bien sûr, vous comprendrez.

En tout cas, voilà un film qui n'a pas volé sa Palme d' Or. Allez-y, vous ne le regretterez pas.

S. @

Les films du Losange.

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24.10.2009

Indécision et constat.

Retour cette nuit à l'heure d'hiver, une heure en plus de sommeil : yé !

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Hier, je suis revenue du cinoche à 19h.30 et il faisait déjà nuit noire ... j'ai accéléré le pas car mon volet (le seul à ce niveau) était par force encore levé. On vit différemment au ras du sol.

J'avoue que je suis un tantinet en crise ... incapable dans l'immédiat de prendre une décision. Si je veux avoir de nouveau mes aises, il va me falloir quitter Paris, ville qui habite toutes les fibres de mon être. Arrivée dans la capitale en 65 je m'y suis immédiatement sentie bien.

Les voisins ne s'occupent pas de vous (ou alors ils savent le cacher)
A contrario quand je vivais en province, je me savais (comme tout le monde) épiée et ça, je ne supportais pas !  J'ai besoin pour vivre de me sentir libre, à l'abri du jugement des imbéciles.

Ma rue piétonne est ce matin luisante de pluie ... Mon emploi du temps est vierge pour 48 heures, parenthèse qui sera vite refermée.


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Je suis donc allée voir  CASANEGRA film marocain (bien sûr) de Nour-Eddine Lakhmari. Toutes les images que nous européens avons de  "Casa-la-blanche" volent ici en éclats. Etrange démarche que l'on a tendance à interpréter comme un appel au secours face à cette situation dégradée.
On peut difficilement émettre de jugement de valeur en la circonstance car il faudrait sans nul doute remonter bien loin pour trouver le pourquoi du comment et les responsabilités sont multiples.


Deux jeunes, deux copains, presque deux frères rêvent comme beaucoup de s'en sortir. Karim est d'une beauté à couper le souffle, tout à fait le genre de jeune marocain qu'une européenne trentenaire un peu snobe, a envie de se payer !
Lui est fasciné par la grâce de la femme en question et encore plus par ce qu'elle représente ... Un temps, il croira que les clivages sociaux peuvent être abolis.
Or les deux garçons ont ensemble caressé un rêve, celui de partir en Suède là, où la vie leur semble plus facile. Pour cela, ils sont prêt à tout, même à donner un coup de main à un sordide maffieux qui braque ses victimes avec une perceuse électrique. C'est à la fois horrible et ridicule mais ça marche ...


Paradoxe de la ville vue la nuit du haut des toits et qui évoque encore toute sa splendeur passée alors qu'en bas, les rues s'encombrent de poubelles et d'êtres clochardisés. Le film est violent, souvent sordide, le rythme est soutenu, les dialogues pour le moins agressifs, bref c'est une tranche de vie que Nour-Eddine nous lance au visage, tel un gant mais qui peut encore relever ce défi afin d'y remédier ? ...

rôles principaux : Anas El Baz (Karim) - Omar Lotfi (Adil) - Mohamed Benbrahim (Zrirek)

S. @

22.10.2009

SIN NOMBRE de Cary Joji Fukunaga

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Co-production : Etats-Unis, Mexique,

avec Edgar Flores (Willy-Casper) Paulina Gaitan (Sayra) Kristyan Ferrer (Smiley) Tenoch Huerta Mejia (Lil' Mago) Luis Fernando Pena (El Sol)

Durée : 1h.36 -

RESUME : Au Honduras, une adolescente espère réaliser son rêve d'émigrer aux Etats-Unis avec son père et son oncle. Au Mexique, un jeune homme prend la fuite après avoir tué un redoutable chef de gang. Et c'est sur le toit d'un train que leurs destins se croiseront.

Quinze jours exactement que je n'étais allée voir un film ...
Très étrangement, SINE NOMBRE semble être la suite complémentaire de LA VIDA LOCA. Climat de violence identique qui amène immanquablement le spectateur incrédule à se dire " comment des situations pareilles peuvent elles exister à notre époque dite civilisée ? " Nous prenons comme une gifle la vision de ces visages tatoués envahis de caractères gothiques, cette inhumanité de chacals est à peine imaginable et pourtant cela existe ! Christian Poveda a payé son documentaire de sa vie. De nouveau, un cinéaste est allé voir de très près cette " Mara ", gang semant la terreur en Amérique Centrale ... Il s'est interdit de juger et nous rapporte ce témoignage baptisé " Thriller " et non plus " documentaire " la nuance est subtile tant nous savons que les faits sont hélas réels, que cela se passe exactement comme cela ! Les gangs ont des territoires et se livrent une lutte à mort. Initiation obligatoire, pour être accepté dans une bande il faut tuer et ensuite seulement le pacte est scellé puis gravé dans la peau de celui qui vient de faire ses preuves. Aucun retour n'est permis. Un jeune mexicain, Casper a vaguement voulu en sortir mais il sait bien que c'est impossible. Il n'y a pas de rédemption  pour les membres de la secte meurtrière. C'est à la vie et surtout à la mort dès le moindre faux pas. Même cause, mêmes effets, je suis sortie de la projection persuadée que ce que je venais de voir était hélas bien réel mais sans comprendre comment des êtres dits humains pouvaient en arriver là ! Y aurait-il une obscure malédiction qui empêcherait l'espèce humaine d'évoluer dans le bon sens ? Celui du respect de la vie.


S.@

Diaphana Distribution.

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06.10.2009

LA VIDA LOCA de Christian Poveda (durée : 1h.30)

DOCUMENTAIRE (co-production : France, Espagne, Mexique)

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Christian Poveda a été tué dans un faubourg de San Salvador le 2 septembre dernier, vraisemblablement (?) par des membres du gang auprès duquel il avait tourné ce film.

Or peu de temps avant, les mareiros le surnommaient " El Brother " mais certains d'entre eux l'avaient accusé de s'enrichir à leurs dépens. Il faut dire qu'on réfléchit peu avant de tirer dans ces milieux là ! Un soupçon, un regard mal interprété et c'est deux balles dans la tête.Le documentaire est émaillé d'exemples.

Ces jeunes qui constituent les gangs ont été chassés de Los Angeles pour échouer dans ces banlieues de San Salvador. Drogue, violence, exécutions et enterrements constituent l'effroyable quotidien. On tue un frère et bien entendu, famille ou amis le vengent immédiatement et le cycle infernal se poursuit.
La police complètement débordée n'intervient que cagoulée face à une jeunesse tatouée des pieds à la tête.  Violence de part et d'autre ...
Ici, c'est la Mara 18 qui a la vedette, visage marqué au nom du gang, y compris les femmes puisqu'ils sont censés se protéger les uns les autres.


Bien entendu, les évangélistes profitent de l'occasion pour intervenir et il faut bien reconnaître que c'est un moindre mal car ces êtres ne raisonnent pas alors entre deux maux autant choisir le moindre.


Deux industries florissantes se partagent le paysage : celle de la drogue et les fabricants de cercueils. On ressort de la projection complètement sonnés car on ne peut douter de la réalité des faits puisque le cinéaste-réalisateur a payé ce témoignage de sa vie.

Les plus pessimistes de nos aïeux n'auraient pu imaginer que ce 21ème siècle serait à ce point synonyme de barbarie.
N'importe, une question continue à se poser, QUI a intérêt à maintenir cette situation en Amérique du Sud ?  ...

S.@

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25.09.2009

L'affaire Farewell de Christian Caron.

Film français avec Alexandra Maria Lara, Niels Arestrup, Guillaume Canet, Emir Kusturica, Philippe Magnan, plus ...

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Vais-je enfin me décider à écrire ce commentaire de film vu mercredi dernier ?
Il serait temps allez-vous dire ... mais j'avoue ne pas trop savoir par quoi commencer ayant subi cette projection plus qu'autre chose. Force est de reconnaître que ce qui se trame obscurément ne me passionne pas. Je n'aime que les actions au grand jour et n'ai aucune estime pour les diplomates et encore moins pour les espions. Il en faut sans doute mais je n'aimerais rencontrer ni les uns ni les autres toutes ces pratiques inavouables me mettant mal à l'aise.
L'intérêt qu'on leur porte ne peut qu'être morbide certains aiment trifouiller dans la vase ... moi pas. Alors pourquoi suis-je allée voir ce film ? J'avoue que je me pose encore la question. Peut-être pour voir jouer Emir Kusturica que je ne connaissais qu'en qualité de réalisateur ? Bien possible. Or ce n'est pas lui qui a le plus attiré mon attention mais Philippe Magnan impressionnant dans le personnage de François Mitterand et ce, jusqu'à l' hallucination. Quand on parle d'incarnation, en voilà un bel exemple. Sinon l'histoire est classique, un membre du KGB décide de livrer des renseignements à l'ouest, cela aurait pu avoir lieu dans l'autre sens ... et bien entendu, à la fin l'espion est exécuté. Un ingénieur de la firme Thomson va jouer les passeurs d'information à son corps défendant. L'accent est mis sur la vie privée de chacun car " dans le civil " ce sont des êtres comme les autres ...
Oui, bon ! quelles conclusions tirer de l' affaire ? Que cela existe, que nous le savons tous et que nous ne pouvons strictement rien faire pour éviter cela.
Moralité ... mangez des bananes  et portez vous bien !

S.@

(Pathé-Distribution)

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20.09.2009

L'armée du crime de Robert Guédiguian.

Film français avec Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin, plus ...

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Eh oui ! ne jamais oublier que les communistes (dont il est de bon ton de dire pis que pendre) ont été le fer de lance de la résistance durant l'occupation allemande !
Eux et quelques immigrés, juifs polonais, espagnols qui avaient fait la guerre d'Espagne et autres arméniens constituant le groupe Manouchian ...
Les " bons français " eux, s'étaient prudemment rangés derrière celui qu'ils persistaient à nommer le " vainqueur de Verdun " lequel pactisait avec l'ennemi.
Sans ces terroristes (c'est bien ainsi que la police française les nommait ?) et Stalingrad bien sûr, qui marqua le commencement de la fin pour les troupes nazies, nous serions peut-être encore sous la férule allemande. Les ennemis d'hier sont devenus les alliés actuels et les uns et les autres se trouvent désormais sous la botte capitaliste avec les conséquences que l'on sait !
Je me demande parfois si nous avons réellement gagné au change ...
Il est vrai que j'en parle à l'aise puisque mes ancêtres n'ont pas été inquiétés à cause de leur origine. Je plaide toutefois non coupable car on ne choisit pas d'où l'on vient. N'importe, il est permis de s'interroger.
Il est facile en temps de paix de se dire que l'on aurait fait partie des héros mais c'est au pied du mur que l'on reconnaît le maçon.

Quand enfant, je demandai naïvement à mon père pour quelle raison il n'avait pas pris le maquis comme d'autres, il me répondit " j'avais une femme et des enfants." Réponse imparable mais les résistants n'étaient pas tous célibataires ! N'est pas héros qui veut.
Pour un officier allemand abattu, dix otages étaient exécutés, cela porte effectivement à réfléchir mais si on commence à raisonner ainsi on ne fait plus rien et on s'installe dans la veulerie.
Pendant que certains risquaient leur vie à chaque seconde, d'autres s'en tiraient assez bien grâce au marché noir ... Certains sont même allés jusqu'à faire fortune !
Ce film tombe à point nommé à une époque où on a l'impression que la passivité est devenue le lot commun. Les victimes d'hier sont désormais les tortionnaires d'aujourd'hui et ce , dans une indifférence que je qualifierai de planétaire ...
Ceux qui ont choisi d'agir sont tout logiquement devenus des terroristes et ce sont eux, les monstres assoiffés de sang ! ...

J'aimerais que ce film permette d'établir un certain parallèle à une soixantaine d'années d'intervalle si vous voyez ce que je veux dire ?

S. @


17.09.2009

RIEN DE PERSONNEL de Mathias Gokalp.

Film français avec Zabou Breitman, Jean-Pierre Darroussin, Mélanie Doutey, Pascal Greggory, Denis Podalydès, plus ...

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Désolée d'apporter ici une note discordante parmi la quasi unanimité des critiques favorables mais ce que ce film a déclenché chez moi fut l'ennui pur et simple.

Il est vrai que j'avais longuement vécu ces situations dans une vie que je qualifierai d'antérieure ...


Mon ressenti s'inscrit donc en contradiction avec le titre et croyez moi, la saturation était telle alors que je n'aurais jamais eu envie de tourner un film. (pas même d'écrire quoi que ce soit à ce sujet)
Du reste, le contenu reste mince ... ce sont les conséquences qui ne le sont pas.

Quand un p.d.g. s'apprête à commettre une canaillerie, il n'est pas rare qu'il rassemble son personnel. C'est la technique du serpent à sonnettes qui hypnotise sa victime avant de régler son sort. Pour avoir observé cela durant des décennies, je connais hélas, "par coeur."

Ce qui m'a plus particulièrement agacée fut le parti-pris du réalisateur qui nous inflige la même scène abordée plusieurs fois de suite sous un angle différent. Certains s'en amusèrent. Pas moi et ma voisine de droite était à peu près aussi irritée que moi-même. En revanche, celle de gauche riait à gorge déployée ! Comme quoi ... Peut-être à une autre époque (révolue elle aussi) aurais-je eu l'idée de mettre au point un micro-trottoir à la sortie mais maintenant j'aurais plutôt tendance à me dire : " à quoi bon ? "


Ce genre de situation est allé s'accélérant depuis une trentaine d'années et même plus, puisque chaque fusion, (maintenant on dit : restructuration) sous-entendait des suppressions d'emplois.

A mesure que la société prenait de l'ampleur, un certain nombre d'employés passaient à la trappe. On ne conservait que les plus performants. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai assisté à cela. Il faut croire que j'étais parmi " les bons " puisqu'on me conservait mais quelle galère ! Les sacrifiés plongeaient un peu plus profond dans la conviction de leur nullité et les épargnés s'exagéraient leur valeur réelle, devenant chaque fois un peu plus malléables ... Le ciment du monde du travail est bien la veulerie, n'en doutons pas mais comment faire autrement quand on a besoin de gagner sa vie ?


Mathias Gokalp aborde le sujet au moyen d'un humour qui frise le burlesque. Difficile de concevoir que même dans une grande entreprise un ouvrier puisse être confondu avec le président ? ... La caricature n'est pas grosse mais ENORME et par conséquent se désarmorce elle-même.

Bref et pour résumer : je n'ai pas marché.


Le thème reste porteur en fonction de tout ce qui se passe actuellement et le film bénéficiera sans nul doute d'un incontestable succès d'estime mais pour moi, il ne règle rien car la dénonciation reste molle. Ambiguïté d'un certain humour ...


Rendons toutefois à César ce qui lui appartient car les comédiens sont parfaits.
Reste à savoir s'ils étaient conscients de ce qu'ils infligeaient à certains d'entre nous car peu parmi eux, j'imagine, ont vécu personnellement semblable situation dans la vraie vie.

S. @

(REZO-FILMS)

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15.09.2009

A LA CARTE de Nacho Garcia Velilla

 

Plus d'infos sur ce film

 

Film espagnol avec Javier Camara, Fernando Tejero, Benjamin Vicuna.

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Le moins que l'on puisse dire est que le ton de ce film n'est pas léger-léger ...
disons une sorte d' Almodovar aggravé. Où donc est passé cet humour gay à la fois fin et féroce - tant prisé à une époque - qui semble désormais remonter à l'antiquité ?
Gai, le réalisateur l'est et peut-être sans " y " mais le problème n'est pas là. J'ai eu en effet l'impression qu'il nous montrait des homos vus par des hétéros. La charge quoi ! la caricature, l'accumulation d'idées reçues. Oh ! certes, la communauté gay ne lui fera aucun procès d'intention, le film est clean, ne critique rien se contenant de montrer ce qui se passe parfois, c'est à dire (selon Nacho Garcia Velilla), très souvent. Un patron de restaurant rêve en permanence d'une étoile dans le Michelin, entouré de tout une équipe qu'il tyrannise au besoin. Par le biais d'une employée nymphomane, il fera la connaissance (et plus car affinités) d'un jeune footballeur retraité, dans le même temps où son ex-épouse va décéder et où il va hériter de sa progéniture, une petite fille qui demande un maximum d'attention et un adolescent, contestataire, comme il se doit ! Tout cela à la sauce explosive et à un rythme effréné. On rit certes mais je ne vous garantis pas la qualité du rire en question. Enfin bref, un film à voir si vous n'avez rien de mieux à faire.

S. @

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