07.12.2009
The limits of control de Jim Jarmusch.
Film américain avec Bill Murray, Isaach de Bankolé, Gael Garcia Bernal, John Hurt, Jean François Stévenin, Tilda Swinton.
En règle générale, je n'aime pas les films américains. Vous avez dû remarquer ? ...
Trop violents, d'une violence gratuite surtout, de bons acteurs certes (ils ont l'embarras du choix) mais souvent, trop souvent pour raconter des histoires qui ne m'intéressent pas ou qui sont purement et simplement destinées à impressionner. C'est ainsi que l'on gouverne les peuples ! Jim Jarmusch semble obnubilé par un thème sinon identique du moins similaire qu'il s'agisse de Ghost Dog, la voie du samouraï ou de The Limits of Control, le personnage principal étant dans les deux cas, un tueur. On fait plus séduisant !
J'ai vu tout comme vous peut-être, le premier film évoqué un soir à la télé et doit reconnaître que c'est un petit chef-d'oeuvre du genre ... et il m'a donc semblé logique de ne pas laisser passer le second sorti en salle mercredi dernier. Comme vous pouvez le remarquer, j'ai pris mon temps pour commenter ! Il est vrai que (pour moi) le théâtre est toujours prioritaire quand il y a compétition entre les deux. N'importe. Que dire concernant ce tueur mutique ? Isaach de Bankolé n'aura pas eu trop de difficultés pour apprendre son rôle ... Le film use et abuse des situations répétitives jusqu'au dénouement final et le cinéaste maîtrise son art jusqu'à la perfection. Deux réactions possibles face à ce qui se passe, certains s'ennuieront et d'autres seront hypnotisés par la situation. Pour ma part, ce fut un peu des deux ...
S.@
11:38 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2009
VINCERE de Marco Bellocchio
Co-production franco-italienne avec Giovanna Mezziogiorno, Filippo Timi, Bruno Carrielo, Corroda Invernizzi, Michela Cescon, plus ...
Fan de films historiques, j'avoue avoir été un peu déçue ...
Faut-il préciser que - bien que ne nourrissant pas une attirance particulière pour ce dangereux histrion que l'on nomma Le Duce, il me semble qu'un minimum de respect est dû à la représentation d'un personnage. Ce n'est en fait qu'une politesse élémentaire destinée à ceux qui se déplacent avec le sentiment d'avoir rendez-vous avec l'Histoire et quand on joue le jeu, on doit aller jusqu'au bout.
Il ne manquait sans doute pas de comédien dont les traits physiques pouvaient se rapprocher de ceux du personnage en question alors que Filippo Timi est son absolu contraire.
J'ai envie de dire : " un peu de crédibilité, que diable ! "
Quand je regardais le comédien, il m'était impossible de voir Benito Mussolini jeune. Or le fait était aggravé par les images d'archives qui jalonnent le film de bout en bout. C'est par conséquent (selon moi) une erreur, voulue sans doute puisqu'une scène de Charlot et le KId s'intercale, ce qui sans faire preuve de mauvais esprit m'amène à conclure que le réalisateur a voulu avant tout se faire plaisir ...
En revanche, Giovanna Mezzogiorno est sublime dans ce rôle d'épouse victime de celui qui n'était au départ qu'un vulgaire arriviste.
Bref, en dehors des images d'archives qui sont toujours intéressantes à voir ou revoir, on apprend par le biais de ce presque mélo que Mussolini était bigame ce qui en regard des crimes perpétrés à l'époque serait de moindre importance si sa première femme et son fils n'avaient fini (l'un et l'autre) leurs jours en asile psychiatrique. L'ascension des hommes politiques est presque toujours jalonnée de cadavres, voilà un film qui tombe à pic pour nous le rappeler.
S. @
(Ad Vitam)
14:38 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2009
LETTRE A ANNA de Eric Bergkraut
Co-production franco-suisse. avec Gary Kasparov, Anna Politkovskaïa et la participation de Catherine Deneuve.
Tout le monde se souvient de l'assassinat de Anna Politkovskaïa que l'on attribua d'emblée aux sbires de Poutine ... C'est peut-être conclure un peu vite en fonction de la complexité du conflit opposant russes et tchétchènes et en matière de politique il convient de toujours rechercher à qui le crime profite ...
Non que je ne l'en croit capable : tout chef d'état pour se maintenir au pouvoir est apte à commanditer de tels actes. Impossible d'affirmer le contraire puisque des siècles d' Histoire le prouvent !
Un interviewé précisait que les auteurs de l'action sont connus mais bien entendu la loi du silence recouvre les faits comme une chape de plomb.
Quand on se penche sur l'historique de la Tchétchénie (voir Wikipédia) on est vite débordé par l'enjeu géo-politique et il est évident qu' une femme aussi intelligente que cette journaliste ne pouvait ignorer comment tout cela finirait.
Il convient d'autant plus de saluer son courage et c'est hélas tout ce que nous pouvons faire. Il est évident qu'il y a des situations qui dépassent les hommes fussent-ils de bonne volonté. Seul le temps a raison de tout et de tous.
S.@
09:48 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2009
STRELLA de Panos Koutras
Comédie dramatique grecque, avec Yannis Kokiasmenos, Mina Orfanou, Minos Theoharis.
Si l'histoire d'OEDIPE se situait au XXIème siècle, gageons qu'il coucherait avec son père et tuerait sa mère devenue trop encombrante ...
(Allez Freud, au boulot ! )
Je plaisante alors que ce film n'a rien d'une galéjade. Ici, nul baroque comme chez Almodovar, On touche vraiment à l'essence de la tragédie grecque.
Les personnages sont avant tout humains, sensibles et en dépit de leur marginalité, aussi attachants que dignes de respect.
Je n'ai jamais communiqué avec eux (ou elles) mais il m'est arrivé de croiser à une ou deux reprises des transexuels. (le bureau dans lequel je travaillais à l'époque était situé non loin de Pigalle et quand je commençais ma journée, eux finissaient leur nuit). Deux mondes complètement cloisonnés se croisaient ... et si je ne jugeais pas (de quel droit ?) en revanche, chaque fois, je me suis sentie mal à l'aise.
En fait, c'était sans doute leur propre mal-être que je percevais ?
Un cerveau de femme dans un corps d'homme. (L'inverse poussé à ce point est plus rare) cela peut en effet, inciter à choisir la modification. C'est ainsi qu'une nouvelle industrie est née car sans onéreux complices, la seule issue aurait été pour eux, le suicide peut-être ?
A l'origine - comme presque toujours - un drame familial. On n'est pas mal dans sa peau par hasard. Il n'est que trop évident que l'on se construit au fil des rencontres mais le microcosme familial en la circonstance est déterminant. (d'où mon scepticisme concernant l'homoparentalité mais là, j'extrapole)
Panos Koutras s'attaquait ici à un double tabou, celui de la transsexualité et de l'inceste (accidentel, il est vrai).
Il ne lui fut pas facile au réalisateur de trouver un partenaire pour donner la réplique à Mina Orfanou, véritable transsexuelle complètement novice au cinéma. Le très viril Yannis Kokiasmenos accepta et il faut reconnaître que le résultat est assez étonnant !
S'il m'arrive à nouveau de croiser un trans après avoir vu ce film sans doute le (ou la) verrai-je avec d'autres yeux. Cela sert aussi à cela, le cinéma.
Allez y car aucun sujet de réflexion n'est à dédaigner.
En outre, les images sont très belles et pas choquantes le moins du monde avec Callas en prime !
" Humain, trop humain " aurait dit ...
(je ne vous ferai pas l'injure de préciser qui)
S. @
(Memento Films Distribution)
Strella Bande Annonce du film
envoyé par LE-PETIT-BULLETIN. - Court métrage, documentaire et bande annonce.
13:05 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.11.2009
L' ENFER de Henri-Georges Clouzot
Documentaire de Serge Bromberg. Durée : 1h.34
avec Romy Schneider, Serge Reggiani, Bérénice Béjo, Jacques Gamblin, Catherine Allégret, plus ...
Un tas de snobinards ne manqueront pas de crier au génie puisqu'il est indéniable que Clouzot en était un pourtant ce film inachevé constitue sans nul doute le loupage-type (et unique) de ce réalisateur de talent.
L' Enfer fut celui qu'ont vécu les comédiens en compagnie du Maître qui avait la réputation de mener la vie dure à tout ceux qui travaillaient avec lui.
Bernard Blier ne disait il pas que Henri-Georges Clouzot était allé jusqu'à " lui flanquer des baffes " ? Car la direction d'acteurs conçue par cet homme ressemblait à du dressage de fauves. Il mettait ses interprètes dans des conditions de stress intense qui nous permettent de douter de son propre équilibre.
Bien sûr, il y avait des résultats mais à quel prix ? Par le biais de ces bobines exhumées, nous assistons à un délire aggravé d'incroyables tâtonnements car pour la première fois de sa vie, le méticuleux Clouzot ne savait pas où il allait et collectionnait les caprices venus aggraver son tempérament tyrannique.
Le film parsemé d'interviews ressemble à un documentaire, les témoins d'hier viennent expliquer ce qui fut une crise sans lendemain puisque le réalisateur a succombé d'une crise cardiaque en plein tournage de cet essai expérimental.
Peu de temps avant, excédé, Serge Reggiani n'avait pas hésité à claquer la porte préfaçant ainsi le sort de ce projet condamné à l'échec.
Les admirateurs inconsolables de Romy Schneider pourront certes, alimenter leur passion et on retrouve également la pétillante Dany Carrel avec un réel plaisir mais bon ! ... Etait-il absolument indispensable de sortir ces pellicules de leurs boîtes ? Personnellement, je n'en suis pas convaincue.
S. @
(MK2 Diffusion)
08:36 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.11.2009
LE CONCERT de Radu Mihaileanu
Film franco-belge avec,

Mélanie Laurent (Anne-Marie Jacquet) -

Aleksei Guskov (Andreï Filipov) -

Dimitry Nazarov (Sacha Grossman) -

Valeri Barinov (Ivan Gavrilov)
également : François Berléand & Miou-Miou (Durée du film : 2h)
Toute la première partie du film est hilarante, énoooorme, allez, disons le, cousue avec du cable marin. Confrontés à de pareils excès les rationalistes que nous sommes pardonnent en disant : " c'est slave " et du coup, gobent les pires invraisemblances avec un plaisir jouissif. Après tout, un film a pour but de nous distraire et puis peu à peu on découvre toute la profondeur du propos, tout le caractère émotif des situations.
En fait, ce que Radu Mihaileanu a visiblement voulu dire c'est que certains êtres ont besoin d'exercer leur art pour vivre tout simplement et pas seulement survivre comme la plupart d'entre nous mais connaître l'exaltation extrême issue du fait de créer.
Andreï Filipov a eu son heure de gloire quand il dirigeait le Bolchoï d'avant la Perestroïka. Mais un jour, Brejnev a décidé d'interdire aux juifs d'appartenir à l'orchestre et Andreï ne s'est pas désolidarisé de ceux avec lesquels il travaillait. Conséquences : il fut déchu de ses fonctions, s'est retrouvé simple homme de ménage.
On pense à la révolution culturelle mise en place par Mao, le procédé étant strictement le même. Les intellectuels à la campagne, ici ce sont les artistes au torchon et à la serpillière.
Andreï fera preuve de patience car de toutes façons il n'a pas les moyens de faire autrement et puis un jour un fax va tomber dans le bureau du directeur qu'il est en train de nettoyer (pas le directeur, le bureau seulement) et là, l'idée fabuleuse de s'offrir une revanche va transformer sa vie. Les personnages que nous rencontrons sont formidables, tous hauts en couleurs depuis Sacha le bon géant qui se fera complice du Maître, jusqu'à la rencontre avec la Star du violon solo, celle qu'il va exiger pour des raisons artistiques certes mais pas seulement. Je vous laisse découvrir sinon où serait le plaisir ? Tant pis, je l'avoue, j'ai peiné à deux ou trois reprises à cacher l'émotion qui peu à peu me submergeait. Un film que l'on doit voir et revoir surtout quand on trouve la vie un peu fade comparativement à ce que l'on avait rêvé.
S. @
14:20 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01.11.2009
Le jour où dieu est parti en voyage de Philippe van Leeuw.
Film franco-belge avec Ruth Nirere, Afazali Dewaele, plus ...
(durée : 1h.34)
Ah ! les beaux esprits qui se sont exprimés sur ce film jugeant le parti-pris du réalisateur hautement réducteur. Or, il m'a semblé que c'est une voix que Philippe van Leeuw a voulu faire entendre et non tourner un documentaire de plus traitant de la barbarie.
A l'origine de cette réalisation se situe un témoignage d'amis à lui, coopérants belges à Kigali qui ont été évacués, laissant derrière eux la nounou Tutsi de leurs enfants. Ensuite, ils n'ont pu qu'imaginer ce qui s'était produit ...
Jacqueline est une belle femme noire aux traits fins ce qui comme la plupart des Tutsis la désignait immanquablement à la vindicte des Hutus.
On peut s'étonner de ce massacre que d'aucuns ont un peu rapidement qualifié de guerre tribale mais il faut garder en mémoire que le colonialisme avait créé des castes susceptibles de servir ses intérêts. Injustices et jalousies ont fait le reste ...
Philippe van Leeuw a donc imaginé en lieu et place de ses amis ce qui aurait pu advenir à Jacqueline, cachée en catastrophe dans le grenier de l'habitation ... Durant tout le temps où elle était enfermée là-haut, je tremblais à la perspective que les vandales mettent le feu à la maison. Quand elle est sortie de sa cachette, tout avait été volé, pillé, cassé et dehors les victimes étaient nombreuses ...
Son premier soin fut de rechercher ses enfants qu'elle avait laissés à son domicile et bien entendu, elle ne découvrit que deux petits corps morts alors elle s'enfonça toujours plus avant dans la forêt sans but réel, poussée uniquement par l'instinct de survie.
Elle finira par rencontrer un homme blessé et le soignera de façon rudimentaire forcément - avec les moyens du bord - mais comme il était jeune et vigoureux, il guérira rapidement. Le couple va ensuite joindre ses efforts afin de poursuivre sa course éperdue.
Seulement voilà, qui peut prévoir ce qui est susceptible de passer par l'esprit d'un être aussi traumatisé que Jacqueline l'était et cette dernière va commettre une erreur ... je vous laisse découvrir la suite.
Non, je ne me suis pas ennuyée une seconde même si parfois je me disais " comment est-ce possible ? " car nous savons tous hélas, que la réalité dépasse souvent la fiction. On peine juste à réaliser que des faits similaires se sont produits en 1994, tout à la fin du 20ème siècle. J'ai lu quelque part que les machettes étaient de fabrication française et chinoise ... No comment.
S. @
(MK2 Diffusion)
16:03 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.10.2009
MAKING OF de Nouri Bouzid.
Film tunisien - avec Lofti Abdelli, Afef Ben Mahmoud, Fatima Ben Saïdane, Lofti Dziri, Foued Litaiem.
- commentaire suit ... patience ! ça vient.
J' aaarive ! ...
30.10.2009
La critique européenne n'a pas été tendre vis-à-vis du film de Nouri Bouzid ... Inaptitude à se mettre à la place de l'autre ? ... Pourtant nous ne savons que trop quels risques encourent ceux qui osent aborder le thème de l'intégrisme islamique.
J'ai bien au contraire, trouvé sa démarche plus que courageuse, UTILE car en s'exprimant comme il l'a fait (maladroitement ont dit certains ...) il courait le double risque (vérifié) d'être incompris par les uns et conspué par les autres.
Sans pour autant les approuver, je ne suis pas de ceux qui condamnent sans appel les kamikazes car il faut une bonne dose de désespoir pour se livrer à de tels actes. Quand les japonais optèrent pour cet extrémisme la défaite n'était pas loin. Comme toujours, l'explication se situe en amont et les vrais responsables demeurent invisibles.
Bahta est un jeune de 25 ans avec un Q.I. non de 5 ans comme le dit son interprète mais de 15 ... à peine. Tout a concouru a semblable résultat. Un père avec lequel aucune discussion n'est possible et qui règle les problèmes à coups de ceinturon, une mère sans doute trop aimante (peut-on lui en faire reproche ?) et aucune perspective d'avenir. Alors le garçon court les rues, s'adonne au hip-hop histoire de s'étourdir en rêvant de l' Occident comme certains ont rêvé de l'Amérique à une autre époque. C'est bien entendu la cible idéale pour les religieux mais en est-il autrement en Europe ? ... Là, le contexte politique rend la démarche plus dangereuse, bien évidemment. L' Irak est à feu et à sang, le trop plein d'énergie de Bahta rêve d'en découdre et il deviendra la proie puis la victime idéale des religieux politisés. (pléonasme)
On a souvent dit que l'humour était la politesse des désespérés et le réalisateur a glissé dans le film des scènes de dédoublement où chacun récupère son vrai rôle d'interprète et de directeur de jeu. Révolte du comédien qui se pose des questions ce qui justifie le titre. L'acteur est rétif par rapport à l'interprétation qui risque d'être faite concernant son personnage, dubitatif concernant la situation ... car il s'agit d'analyser le dérapage qui mène du fondamentalisme au terrorisme, mieux de l'illustrer. Démarche hautement déstabilisante pour un musulman.
Moralité, ceux qui n'ont pas compris ne veulent pas comprendre il est pourtant évident que l'Europe fait payer aux arabes l'extermination des juifs lors de la dernière guerre mais cela, personne (ou presque) ne veut réaliser la portée d'une telle injustice. Car il n'est nullement question ici de rendre à César ce qui lui appartient, bien au contraire.
S. @
(Les films de l'Atalante)
12:23 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.10.2009
Le ruban blanc de Michael Haneke
co-production : Italie, France, Allemagne, Autriche.
avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Maria-Victoria Dragus, Michael Kranz, Ulrich Tukur, plus ...
Si je commence ma chronique par écrire : " excellent film " cela ne surprendra personne or il faut vous préciser que je n'étais pas particulièrement fan d' Haneke. J'avais comme qui dirait sa Pianiste en travers de la gorge ! Le climat m'avait paru hautement malsain et j'avoue m'être posé quelques questions concernant ce réalisateur ... Ici, il s'agit de tout autre chose.
Il m'a été donné de préciser à diverses reprises que mes parents étaient âgés et à fortiori, mes grand-parents appartenaient à une autre époque et même carrément à un autre siècle. (peut-être pas celui auquel vous pensez automatiquement).
Ma grand-mère venait de l'Est et avait par conséquent des conceptions teutonnes de l'éducation des enfants ce qui fit que ses deux filles s'y plièrent très difficilement. Tout cela pour expliquer que je ne fus nullement surprise par le climat du film.
Les gens de cette époque étaient ce que nous qualifierions maintenant de " psycho-rigides " et ce, au delà de toute imagination permise. Les gifles pleuvaient, les punitions de même et Françoise Dolto aurait semblé inconséquente aux yeux de ces gens là. La rigueur morale devait sans nul doute beaucoup aux enseignements de l'église mais cela n'empêchait nullement les quelques déviances dont l'esprit humain est capable. C'est ainsi qu'en cours de film, nous verrons un père procéder (en cachette bien entendu) à des attouchements sur sa propre fille. L'inceste est aussi vieux que le monde puisque nous dit-on, les enfants d'Adam et Eve couchèrent ensemble ... Ah ! que ce raisonnement est pratique puisqu'il peut servir à justifier l'injustifiable et il en est de même pour tout ou presque. On racontait alors aux enfants que l'onanisme, naturel chez les adolescents et parfois chez les adultes (faute de mieux) déclenchait de terribles maladies. On attachait alors les poignets du coupable chaque soir car le mot traumatisme n'avait pas encore droit de cité.
Sans oser utiliser le sépia, Michael Haneke a eu recours au noir et blanc qui comme chacun sait a un pouvoir de conditionnement très fort sur le spectateur.
Le fait est assez paradoxal mais c'est ainsi, force est de reconnaître que l'on entre plus profondément dans une histoire dont la couleur est bannie. Peut-être à cause des rêves puisque nous savons qu'il n'est pas donné à tous de rêver en couleurs ?
Si j'ajoute que l'histoire de ce village se situe à la veille de ce que l'on nomma La Grande Guerre, celle de 14 bien sûr, vous comprendrez.
En tout cas, voilà un film qui n'a pas volé sa Palme d' Or. Allez-y, vous ne le regretterez pas.
S. @
Les films du Losange.
11:02 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24.10.2009
Indécision et constat.
Retour cette nuit à l'heure d'hiver, une heure en plus de sommeil : yé !
Hier, je suis revenue du cinoche à 19h.30 et il faisait déjà nuit noire ... j'ai accéléré le pas car mon volet (le seul à ce niveau) était par force encore levé. On vit différemment au ras du sol.
J'avoue que je suis un tantinet en crise ... incapable dans l'immédiat de prendre une décision. Si je veux avoir de nouveau mes aises, il va me falloir quitter Paris, ville qui habite toutes les fibres de mon être. Arrivée dans la capitale en 65 je m'y suis immédiatement sentie bien.
Les voisins ne s'occupent pas de vous (ou alors ils savent le cacher)
A contrario quand je vivais en province, je me savais (comme tout le monde) épiée et ça, je ne supportais pas ! J'ai besoin pour vivre de me sentir libre, à l'abri du jugement des imbéciles.
Ma rue piétonne est ce matin luisante de pluie ... Mon emploi du temps est vierge pour 48 heures, parenthèse qui sera vite refermée.

Je suis donc allée voir CASANEGRA film marocain (bien sûr) de Nour-Eddine Lakhmari. Toutes les images que nous européens avons de "Casa-la-blanche" volent ici en éclats. Etrange démarche que l'on a tendance à interpréter comme un appel au secours face à cette situation dégradée.
On peut difficilement émettre de jugement de valeur en la circonstance car il faudrait sans nul doute remonter bien loin pour trouver le pourquoi du comment et les responsabilités sont multiples.
Deux jeunes, deux copains, presque deux frères rêvent comme beaucoup de s'en sortir. Karim est d'une beauté à couper le souffle, tout à fait le genre de jeune marocain qu'une européenne trentenaire un peu snobe, a envie de se payer !
Lui est fasciné par la grâce de la femme en question et encore plus par ce qu'elle représente ... Un temps, il croira que les clivages sociaux peuvent être abolis.
Or les deux garçons ont ensemble caressé un rêve, celui de partir en Suède là, où la vie leur semble plus facile. Pour cela, ils sont prêt à tout, même à donner un coup de main à un sordide maffieux qui braque ses victimes avec une perceuse électrique. C'est à la fois horrible et ridicule mais ça marche ...
Paradoxe de la ville vue la nuit du haut des toits et qui évoque encore toute sa splendeur passée alors qu'en bas, les rues s'encombrent de poubelles et d'êtres clochardisés. Le film est violent, souvent sordide, le rythme est soutenu, les dialogues pour le moins agressifs, bref c'est une tranche de vie que Nour-Eddine nous lance au visage, tel un gant mais qui peut encore relever ce défi afin d'y remédier ? ...
rôles principaux : Anas El Baz (Karim) - Omar Lotfi (Adil) - Mohamed Benbrahim (Zrirek)
S. @
08:34 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : casanegra






















