05.11.2009

Paul Auster : Brooklyn Follies

ACTES-SUD (Babel)

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Soucieuse de ne pas m'abandonner à une sorte de xénophobie culturelle, il m'arrive de me risquer (et même de m'égarer) dans la littérature étrangère ... C'est parfois contre mon gré avec des oeuvres théâtrales quand j'ai finalement cédé à de trop pressantes sollicitations ... mais cela peut être un choix délibéré quand je décide de me pencher sur un livre de Philip Roth par exemple ou plus dernièrement quand je réalisai n'avoir jamais lu une ligne écrite par Paul Auster ...
Lourde lacune à combler histoire de ne pas mourir idiote, tout de même !
Or, passer sans transition de Sylvie Germain à ce dernier pouvait ressembler à une gageure et cela en était une, en effet.
La richesse de style de la première toujours en mémoire, je commençai par trouver l'écriture de Paul Auster plate et tenant plus de la conversation que de la littérature et puis (je l'avoue) au fil des pages, je me suis peu à peu sentie piégée. Ce, à un point tel que je n'ai pu me dégager du livre avant la dernière page. Je l'ai donc par conséquent lu d'une traite, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps !

Soixante ans, " Au delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable " aurait ajouté Romain Gary. En fait, les trois quart du chemin sont déjà parcourus, il doit rester dans le meilleur des cas une vingtaine d'années à vivre et force est de reconnaître que cela passe très vite, puisqu'on vient d'en totaliser trois ... presque sans s'en rendre compte. Comme ajouterait Pierre Dac : l'avenir ... on l'a dans l'dos ! Pour renfort de potage, Nathan vient de vivre une double épreuve, un cancer du poumon (soi-disant guéri) et le largage de son épouse car pour le dire tel que je le pense, certaines femmes sont de vraies salopes ! (abandonne t-on un homme en de pareilles circonstances ?)
Que ce dernier décide alors de choisir une ville pour y finir sa vie, pareil raisonnement est logique. Ce sera Brooklyn puisqu'il en vient, il va donc y retourner, cinquante six ans plus tard. Cela ne dénote pas une imagination très grande allez vous dire : prévoir de mourir là où on est né ... mais il ne faut tout de même pas demander l'impossible à un ex-vendeur d'assurances vie !
Je raille, d'autant qu'il est évident que l'auteur quoiqu'il dise s'est glissé dans la peau du personnage. Bien entendu, son Nathan va se révéler d'une générosité incroyable , (Ah ! la célèbre solidarité juive ...) il va donc retrouver son neveu et peinera presque à le reconnaître dans cet emploi de chauffeur de taxi et ses vingt kilos en trop. Tom avait laissé tomber son doctorat, pensant que finalement cela n'en valait pas la peine et avait nettement tendance à tout laisser filer à vau-l'eau ...  Les retrouvailles auront valeur de déclic et nous allons les suivre tout au long de ces péripéties que la vie réserve au moment où on s'y attend le moins. Enfin, ... parfois !
La seule chose que l'on puisse reprocher à Paul Auster est d'utiliser sciemment certains clichés (l'homosexualité masculine - la bien nommée en opposition à celle d'en face qui ne sera pas oubliée ... ) pour faire bonne mesure et paraître résolument " dans le vent. " Or comme chacun sait, à quelques intégristes près, les êtres humains ont les idées larges à condition de ne pas être concernés directement. En parlant d'intégriste, cette catégorie d'individu ne sera pas elle aussi oubliée par le biais d'un évangéliste lubrique qui profitera de son pouvoir pour permettre à l'auteur de pimenter le livre d'une scène très hot et un tantinet répugnante pour faire bonne mesure.

Et voilà comment on fabrique les best-sellers !

Conclusion : Mouais ! mais quand même, j'me suis fait eue ...