01.07.2009

Histoire sans paroles.

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L'aube du monde de Abbas Fahdel ***

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Film franco-allemand avec Hafsia Herzi, Hiam Abbass, Karim Saleh, Waleed Abou El Magd, Mahmoud Nagui ...

(Grand Prix du Gulf Film Festival des Emirats Arabes Unis en 2009)

 

Bien confortablement installés dans notre égoïsme européen, avons nous réellement conscience des dégâts irréparables causés par les guerres auxquelles nous assistons face à notre petit écran ? Pour toute cette indifférence, nous mériterions qu'il nous explose à la figure !  Notre besoin de pétrole justifiait tout sans doute ? Sans vouloir faire la morale, il me semble que le minimum serait de prêter quelque intérêt à ce genre de film au demeurant pudique mais qui nous permet d'avoir conscience de la réalité.
Riad, un jeune irakien rescapé de la Guerre du Golfe va se rendre dans la région des marais, au sud de l'Irak. Quelques temps au préalable, accompagné de son copain Mastour, enrôlés de force bien entendu, l'un et l'autre ont dû traverser un endroit truffé de mines. Mastour a marché sur l'une d'elle et avant de mourir a confié celle qu'il aime à celui qu'il considère comme un frère. Dit comme cela, vous pourriez croire à un bon mélo bien larmoyant. Il n'en est rien. Mais Riad qui est complètement seul trouve peut-être dans la démarche une possibilité de signification à sa vie ? Il en sera tout à fait convaincu quand il verra Zahra.
La jeune femme est convoitée par un rebelle qui a déjà une première femme et vit caché car il a déserté la guerre. Les rares habitants de ces marais vivent en parfaite autarcie, l'existence y est dure et le sage du village va conseiller à Riad de repartir à Bagdad, cette vie n'étant pas faite pour lui.
Il reviendra malgré tout quelques temps après pour constater la désolation.
Les rares habitants du marais ont été massacrés et ceux qui restent en vie conserveront d'irrémédiables séquelles. Mais je vous laisse découvrir la suite car Abbas Fadhel réussit à dégager une poésie de toute cette désolation.
Peu de films actuels témoignent d'une telle maîtrise (signalons au passage qu'il fut critique avant de devenir cinéaste) les images sont belles, le message est empreint d'humanité, bref c'est un film qui n'ayant rien de commercial, ne bénéficie pas d'une grande distribution aussi se joue t'il uniquement à l' Espace St-Michel chaque soir à 18h.30. C'est absolument à voir et pas seulement pour se donner bonne conscience.


S.@

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