27.06.2009

KOMMUNALKA, documentaire de Françoise Huguier

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Quand on découvre ces gens au physique rustique, on a l'impression de se trouver au fin fond de la campagne en plein milieu des années 50 ... Or, nous sommes à St-Pétersbourg, à l'époque actuelle.

Le film commence par un superbe travelling nous montrant les arbres couverts de givre tandis qu'une voix off commente,

" Vous savez, Saint Petersbourg a la réputation d'avoir la deuxième place après Londres pour sa quantité de pluie et de fantômes."

Ce sera la seule et unique prise de vue en extérieur, toute la suite se déroulera dans ce Kommunalka, vieil appartement collectif peuplé de nécessiteux ou presque, rassemblés en un véritable cul de sac.

Ce qui surprend tout d'abord après avoir suivi le couloir lépreux, c'est cette cuisine collective bien entendu où chacun a sa gazinière personnelle attendant la vieille casserole en alu qui va se poser sur la flamme dispensatrice de quelque chaleur. Cette image est purement surréaliste pour nous, occidentaux de l'ouest, individualistes au possible !

Les gens là-bas, ne s'habillent pas, ils se couvrent en nombreuses couches superposées, à la façon des oignons. Précisément, ce jour là, le chauffage était en panne ! L'évier sur lequel la vaisselle est faite à mains nues bien sûr (gants-Mapa-connais-pas) semble dater d'avant la dernière guerre.

Les physiques sont empâtés, volontiers rougeauds mais il n'est pas rare qu'un maquillage excessif vienne souligner maladroitement les traits. Ces femmes ont des mains de femme de ménage mais n'hésitent pas à couvrir leurs ongles d'une couche de vernis à paillettes ... Sur des corps informes, les robes étalent leurs couleurs vives.

Le seul être jeune égaré en ce lieu est Natacha et ses yeux de chat, précisément, cernés d'un trait appuyé de crayon kôhl, les lèvres charnues enduites d'une épaisse couche de rouge à lèvres grenat.
A la voir se lover autour de la barre verticale qui balafre la pièce dans laquelle elle se trouve, on comprend vite qu'elle se produit le soir dans une boîte où sa danse à caractère pornographique est censée lui procurer de quoi survivre ...

Chaque locataire (les Kommunalki ne sont plus gratuits depuis la Pérestroïka) va raconter ce qui fut et demeure sa vie ici, face à la caméra.
Incroyablement, ces gens restent dignes et comme nous sommes persuadés hélas,  qu'ils resteront là jusqu'à la fin de leurs jours, on se dit que - décidément - nous avons beaucoup de chance de ne pas être nés là-bas.

S.@

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Acid (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion)

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